Les artistes les plus piratés de 2013 = Top des artistes les plus achetés?

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Il y a quelques temps, la plate-forme Musicmetric a publié le top des artistes les plus piratés du monde.

Alors tout d’abord, qu’est ce que Musicmetric? Musicmetric est une plateforme d’analyse statistique spécialisée dans l’industrie de la musique, et plus particulièrement autour des artistes. Et les possibilités sont gigantesques ! (Pour éviter toute confusion, oui on les connait bien, Musicmetric est notre client chez DBTH, on les représente en France).

Donc, reprenons, la plateforme analyse toutes les données disponibles sur internet (Les données de 700 000 artistes et plus de 10 millions de sorties individuelles sont aujourd’hui indexées, le tout en temps réel):

  • les données des réseaux sociaux (évidemment)
  • le nombre d’écoutes et de vues sur YouTube, VEVO, Soundcloud, LastFM, MySpace, jusqu’aux données relatives à chaque titre
  • les données issues du streaming (via un solide partenariat avec Spotify)
  • les ventes depuis iTunes et Tunecore
  • les données BitTorrent géolocalisées pour évaluer le niveau de piratage de chaque artiste par territoire (Musicmetric est la seule plateforme à en être capable !)
  • les avis sur le web, via les mentions de blogs, chroniques et articles

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Chaque résultat est contextualisé par rapport à des événements concrets tels que les sorties d’albums, les passages TV et les performances live.
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(Si vous souhaitez obtenir plus de détails, vous pouvez tester gratuitement ici https://app.musicmetric.com/signup/ou êtes intéressé par Musicmetric, n’hésitez pas à nous contacter !)

Et donc, pour revenir à notre article, Musicmetric  a donc pu faire le top des artistes les plus piratés de 2013. Ce qui est assez particulier, c’est que grosso modo, le top des artistes les plus piratés, c’est aussi le top des artistes les plus regardés sur Youtube, écoutés sur Spotify et achetés sur iTunes. Donc:

  • Mais où est donc passé la longue tail (Internet va nous permettre de découvrir des choses totalement indécouvrables dans la vraie vie car trop de niche)
  • Quid de l’offre légale? En fait, on peut trouver ces titres partout, mais on va quand même les télecharger illégalement (oui je sais, la gratuité..)?
  • Théorie farfelue: c’est justement parce qu’on peut les trouver n’importe où, qu’on accorde donc pas une valeur particulière à ces artistes et qu’on se fout donc de les telecharger légalement?
  • Et donc poussons le raisonnement: On pirate ces artistes car ils trustent les charts, mais dans ce cas, on va donc soutenir les plus indé? (je précise, pas de jugement de valeur, je théorise en l’air..)

En résumé, on continue à télécharger illégalement des trucs qu’on trouve et entend partout. And the winner is…..Bruno Mars!!  (et remarquons tous ensemble que Justin Bieber n’apparait pas. Mais les One Direction oui. Justin Bieber n’apparait donc il ne plaît plus. Ou on préfère l’acheter?)

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About Virginie Berger

Virginie Berger est la fondatrice de DBTH (www.dbth.fr), agence spécialisée en stratégie et business développement notamment international pour les industries créatives (musique, TV, ciné, gastronomie), et les startups creative-tech. Elle est aussi l'auteur du livre sur "Musique et stratégies numériques" publié à l'Irma. Sur twitter: @virberg

4 comments

La longue tail, elle est illisible sur un tel graphique. À moins de regrouper tous les artistes téléchargés moins de 10000 fois (au pifomètre absolu) et les compter tous ensemble.
Ensuite comparer la proportion de la long tail du téléchargement illégal à celle des ventes ou du streaming. (Je mets une pièce sur le fait que les deux longues traines seraient très similaires en termes de proportion.)

Ensuite, concernant les artistes les plus piratés, dans les deux camps, on va ressortir les mêmes arguments que pour le piratage des films :
– Ils sont déjà plein de pognon, ça ne changera pas grand chose.
– Oui, mais ce sont les succès des grands artistes qui financent les petits projets.
– Je préfère quand même donner mes sous à des petits groupes et écouter gratuitement ceux qui n’ont pas besoin de mon argent.
– Et bien, t’as qu’à utiliser les plateformes de streaming au lieu de télécharger… etc.

Pour théoriser en l’air moi aussi, je pense que le piratage de ces artistes est un manque à gagner en termes de revenus directs qui est plus ou moins compensé par un gain en exposition / notoriété monnayable (featuring / concerts / sponsoring et j’en passe)

P.S : y’a un coquille sur Zedd, qui s’écrit avec 2 “d”.

Ces chiffres ne sont pas très étonnants en fait : un certain nombre de travaux universitaires ont déjà démontré que le numérique n’avait absolument bouleversé les hiérarchies en termes de notoriété (voir l’excellent article de Jean-Samuel Beuscart sur les usages de Myspace et les sociabilités en ligne de 2006), qui remettent largement en cause la théorie de la longue traîne d’Anderson, comme l’a fait l’économiste de la culture Françoise Benhamou. On connaît tous les travaux qui démontrent que les internautes qui téléchargent le plus sont aussi ceux qui achètent le plus (Bourreau et Labarthe Piol, Le peer to peer et la crise de l’industrie du disque, 2004) qui vont en ce sens. En réalité, ce qui est plus difficile à comprendre aujourd’hui c’est comment une telle concentration en termes de notoriété et d’audience peut flirter avec une “éclectisation” et un diversification des goûts (notamment grâce au numérique) qu’on a repéré par ailleurs (Glevarec & Pinet, la tablature des goûts musicaux, 2009). Est-ce une question méthodologique (macro VS micro) ? Y’a-t-il des amateurs profanes d’un côté et des amateurs experts de l’autre (Granjon et Combes, Numérimorphose des pratiques de consommation musicale, 2009) ? Est-ce que malgré un forte concentration médiatique de certains artistes, les auditeurs parviennent à diversifier leur portefeuille de goûts – diversification qui, pour le coup, n’est pas quantifiée/quantifiable ? Y’a-t-il un rapport – affectif, économique, etc. – différent entre la musique dite mainstream (comme les titres les plus téléchargés ici présent) et la musique moins ou pas médiatisée ? Bref, encore plein de questions passionnantes auxquelles on est bien loin de pouvoir répondre…

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